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La recherche du contact avec les esprits

Dans toutes les cultures, on décrit de manière subjective les « esprits », comme étant des forces trans-personnelles, animant les corps qu’elles traversent, mais échappant presque toujours à un quelconque contrôle. Ce qui signifie que ces forces personnifiées sont des entités autonomes possédant leur propre programmation. A l’état de veille ordinaire, on ne peut généralement pas les contacter ni les faire travailler, alors qu’en état altéré de conscience, on peut les voir distinctement.

L’imagerie mentale des « esprits »

Les « esprits » font incontestablement partie de la « réalité vécue » des chamanes. Qu’on les invoque par des rêves, des visions, ou par un état altéré de conscience provoqué, soient par des substances psychotropes, soient par des techniques de stimulation de l’imagination, voir notre article précédent « la connaissance des secrets de la nature », ils représentent à travers toutes les cultures, les forces de transformation susceptibles de favoriser la divination, de contrôler les animaux et d’influencer la chasse, d’infliger la maladie ou au contraire, de guérir cette maladie. Ils peuvent même être les serviteurs de la mort.

Rechercher volontairement cette relation avec les « esprits », comme le fait le chamane, amène à entrer intimement en contact avec les secrets de l’existence. Et le chamane le sait parfaitement : lorsqu’il provoque ce contact avec les « esprits », il accepte d’ouvrir son âme à ces forces duelles, il prend le risque de se transformer lui-même. Ce qui fît dire à l’Anthropologue et Ethnopsychiatre français George Devereux, que « le chamane est psychologiquement malade » ! D’ailleurs, de nombreuses tribus soulignent le caractère douloureux des expériences chamaniques.

Une chose est sûre, le chamane est, comme le dit George Devereux, un « élément social perturbateur » : chez les indiens Mohave, on affirmait qu’il était à la fois fou et lâche ; Dans les tribus sibériennes, c’était souvent un être misérable et démuni, passablement méprisé.
La clé de l’apprentissage des « esprits » par les chamanes, réside dans l’art de développer des images mentales. Cette culture visuelle s’obtient par un processus en deux temps :

  • Premier temps : augmenter l’éclat des images intérieures grâce à des techniques de stimulation de la douleur, d’hypoglycémie, de déshydratation, d’hypermobilité (danses et transes), de stimulation sonore (musique, tambour), de solitude forcée, de privation de sommeil, d’ingestion d’hallucinogènes.
  • Deuxième temps : développer le contrôle sur cette imagerie mentale.

Des études menées en psychologie ont montré que les images mentales peuvent devenir tellement vivantes, qu’elles empêchent la perception visuelle normale.

Avec le vaudou, le participant se laisse posséder par les esprits
Avec le vaudou, le participant se laisse posséder par les esprits

Chamanisme et vaudou

Si les deux pratiques font appel aux « esprits », elles se séparent dans la méthode :

  • Le chamanisme, par ses rituels va entrer en communication avec les « esprits » et va tenter de les appeler et de les utiliser en demandant leur aide. Dans la majorité des cas, les « esprits » sont des entités bienveillantes qui sont alliées au chamane, qui par vocation est un « élu ». De plus, le chamane est le seul « possédé » et va se souvenir de son intervention, même si celle-ci peut durer de nombreuses heures, voire toute une nuit.
  • Le Vaudou, par ses rituels, va se contenter d’une possession et devenir le docile instrument de ces « esprits ». S’ils sont malveillants, le pratiquant ne pourra pas empêcher leur travail négatif, et pire sera le « bras armé » du rituel. Dans le Vaudou haïtien, par exemple, les participants ne se souviennent généralement pas de ce qui leur est arrivé, tant ils sont « possédés » par les « esprits ». Seuls le prêtre ou la prêtresse vont apprendre à voir pendant la transe.

En conclusion

Si le Vaudou comprend des éléments du Chamanisme, l’utilisation des « esprits » n’est pas la même, c’est pour cela que le commerce avec ces « esprit », dans le Vaudou, n’a pas bonne presse.