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Le Yi Jing, des origines à nos jours

Le Yi Jing, des origines à nos jours

Si les origines du Yi Jing (ou Yi King) restent mystérieuses à bien des égards, son importance fondamentale pour la pensée chinoise ne fait aucun doute. Mais le message du Yi Jing ne s’adresse pas qu’à l’Orient, son entrée dans le monde occidental nous a permis de constater que sa portée est universelle. Cet ouvrage millénaire a traversé les siècles et le message qu’il transmet reste tout à fait pertinent à notre époque moderne.

Origines du Yi Jing

C’est durant la dynastie Han (qui débute en 206 av. J.-C.) que le Yi Jing a été conçu sous la forme qui est parvenue jusqu’à nous. Cependant ses origines sont bien antérieures et restent assez mystérieuses, on considère généralement que le Yi Jing est né dans le premier millénaire avant l’ère chrétienne et il est bien difficile de faire la part entre la légende et de la réalité dans les récits qui relatent son origine. La tradition chinoise, qui mêle histoire et mythologie, attribue la création du Yi Jing à 4 personnages :

  • Fu Xi : Fu Xi est une figure mythologique, il est considéré comme le père fondateur de l’identité chinoise. Il aurait eu la révélation des trigrammes qui composent le Yi Jing en contemplant le ciel.
  • Wen Wang : Ce personnage dont l’existence historique est avérée (il est le fondateur de la dynastie des Zhou, vers 1100 avant notre ère) aurait parachevé l’œuvre de Fu Xi en composant les hexagrammes à partir des trigrammes.
  • Zhou Gong : Second fils de Wen Wang, il serait à l’origine des premiers commentaires du Yi Jing.
  • Confucius : On attribue à ce grand penseur chinois, la majorité des commentaires des hexagrammes.

Fu Xi, créateur mythique du Yi Jing
Fu Xi, créateur mythique du Yi Jing

Le Yi Jing en Occident

C’est avec l’arrivée des missionnaires, et notamment des jésuites, en Chine que l’Occident a commencé à avoir accès à quelques textes fondamentaux de la culture chinoise. Le Yi Jing fait partie de ces ouvrages et les premières tentatives de traduction datent du 18ème siècle. Cependant, les traducteurs se heurtèrent à la difficulté de rendre intelligible à des oreilles occidentale un texte complexe dont le mode de pensée est bien étranger aux cultures européennes.

Il faudra attendre le 20ème siècle pour qu’une traduction aboutie du Yi jing voie le jour sous la plume de Richard Wilhelm. Ce pasteur missionnaire se passionna pour la culture chinoise et réalisa une traduction du Yi Jing qui fut publiée en 1923. Cette traduction reste encore aujourd’hui une référence, même si elle a été suivie par d’autres travaux très intéressants, citons notamment les remarquables ouvrages de Cyrille Javary.

Pendant longtemps, le Yi Jing resta essentiellement une affaire de spécialistes et de sinologues avertis. Cela changea avec les années 60, où l’ouvrage fut découvert par le mouvement hippie. Des centaines de jeunes gens en rébellion contre le matérialisme occidental adoptèrent le Yi Jing comme livre de chevet. Si cet engouement a présenté l’avantage de populariser l’ouvrage, il a malheureusement aussi contribué à l’associer avec une sorte de folklore pseudo-ésotérique qui est bien éloigné de sa profondeur philosophique.

En conclusion :

Aujourd’hui, les occidentaux sont de plus en plus nombreux à s’intéresser au Yi Jing, même si celui-ci reste le plus souvent cantonné au rayon ésotérisme des librairies. Il est dommage que la plupart des lecteurs ne se limite qu’à l’aspect divinatoire de cet ouvrage, car il est bien plus que cela : un texte philosophique d’une sagesse intemporelle.