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Les aspects du culte africain

En Afrique, le culte vaudou n’a jamais entraîné la construction de grands temples comme dans la plupart des autres religions. Il n’existe aucune grande structure destinée à accueillir collectivement une assemblée d’adeptes. C’est parce que les rites traditionnels qui rythme la vie des pratiquants sont souvent extérieurs. Souvent dans des lieux sacrés du passé. Le rythme des cérémonies balise la vie quotidienne des fidèles et s’encombrer d’un lieu serait superficiel. La culture africaine cache plus qu’elle ne révèle. Le Vaudou conforte sa place dans la société par le pouvoir et la peur.

L’espace vaudou : un temple en deux parties

Ce qui correspond au temple vaudou en Afrique, peut se définir par un espace en deux parties : d’une part une cour, accessible au public ; d’autre part, une hutte sacrée dont l’accès est interdit.

  • La cour : c’est dans cet espace dégagé que se déroulent les cérémonies et les sacrifices. L’aspect visible du Vaudou dans ce lieu accessible au public, se définit par les danses et les chants, pratiqués par les fidèles et que même les curieux peuvent observer. C’est là aussi qu’ont lieu les sanglants sacrifices d’animaux, petits ou grands, égorgés et dont le sang est répandu ensuite sur l’autel. Dans le passé c’était parfois du sang humain. Pour le Vaudou, le sang est un fluide magique qui relie le visible à l’invisible. L’offrande du sang a un effet médiateur dans la démarche entreprise auprès des divinités. Au niveau des sacrifices sanglants, le Vaudou ressemble à bien d’autres religions traditionnelles. Le phénomène nouveau apparaît avec la transe, qui manifeste la venue de l’esprit. Cet état ressemble à une crise d’épilepsie. L’adepte perd conscience.
  • La hutte : c’est dans la hutte que se trouve l’autel consacré à la divinité. Elle n’est accessible qu’aux prêtres et aux prêtresses. Ils y déposent les offrandes et y versent le sang des sacrifices. Il serait mortel d’y pénétrer pour un non autorisé.

Le temple vaudou africain est une simple hutte interdite
Le temple vaudou africain est une simple hutte interdite

Le sacré et le profane sont partout

Dans la pensée vaudou, il n’y a pas de séparation entre le magique et le divin, entre la routine et l’exceptionnel, entre le bien et le mal, ou entre l’objet inerte et le vivant. Plusieurs entités peuvent se partager le même esprit, le même vodoun. Ainsi, Mamy Wata (la mère de l’eau) est toute aussi bien dans l’océan, dans une rivière que dans une bouteille d’eau minérale. On peut donc facilement l’honorer à domicile.
Mais chaque rivière, chaque ruisseau peut posséder son propre vaudoun qui lui est associé. Le lieu devient alors consacré. Chaque forêt a son vaudoun, mais chaque arbre isolé pourra revendiquer le sien.

Une vie balisée par le Vaudou

De la naissance à la mort, la vie baigne dans les rituels traditionnels, un mélange de prescriptions et de tabous : une femme enceinte doit suivre un régime alimentaire précis ; Après la naissance, elle doit rester enfermée une semaine et à sa sortie, le père donne le nom à l’enfant ; Le garçon amoureux achète son droit de rencontre avec de l’alcool ; Avant les fiançailles, on consulte l’oracle ; le mariage est conclu par un constat de virginité de la dame ; Lors d’un décès, le défunt est enterré dès la première nuit dans le sol de sa case. Vêtu et honoré, ses funérailles auront lieu plus tard.
Quoiqu’il perde un peu de son influence dans la société moderne africaine, le culte vaudou reste bien implanté, et nombres de tabous et principes sont encore aujourd’hui pratiqués.

En conclusion

Le côté secret du Vaudou africain, c’est le Hunxo, l’aspect invisible, caché, connu des seuls initiés. Il est facile d’expliquer les cérémonies publiques du vaudou, il est absolument impossible d’accéder aux rituels secrets.